
Accueil > Reportages > Le voyage de Florine et Julien : Krakow > Bordeaux en 126

L'engouement pour la Fiat 126 se fait de plus en plus présent en France, et beaucoup de d'jeunz rêvent de rouler dans cette petite voiture italo-polonaise, afin d'atteindre le "nirvana" de la conduite automobile... Mais les questions qui reviennent souvent sont : comment acquérir une 126 en Pologne ? Comment l'importer en France ? Quels sont les papiers administratifs à faire et à quel organisme ? Quels sont les procédures pour passer les frontières ? Toutes ces questions sont restées longtemps sans réponse... Jusqu'à ce que 2 bordelais, Florine et Julien, en quête d'aventure et voulant rouler en 126, décident d'aller en Pologne en acheter une, et de rentrer avec par les petites routes de campagne. Un voyage de 15 jours à travers la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie, l'Italie, avec des surprises, des paysages fabuleux et des rencontres comme avec les Matuska, ou encore Jean Ferry. Ce périple européen est et restera une référence pour tous les amoureux de la Fiat 126 !!! Un grand merci à vous deux, Florine et Julien, pour le courage et la curiosité d'avoir fait ce voyage, mais surtout un très grand merci pour nous le faire partager ! |
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Voici le récit d'un périple transeuropéen motorisé, sponsorisé mais pas alcoolisé, conduite oblige...En lisant le texte qui suit, vous découvrirez pourquoi une fiat 126 polonaise ( ça s'appelle une maluch, à prononcer "malour") se trouve à présent à Bordeaux, vous connaitrez deux manières d'avoir honte devant un garagiste polonais, vous saurez comment passer à coup sûr pour un pouilleux sur le port de Monaco, et beaucoup d'autres petites aventures que nous espérons divertissantes à défaut d'être vraiment instructives. Pour la réalisation de ce voyage, nous souhaitons remercier les personnes qui nous ont soutenues, celles qui se sont un peu moqué de nous sans trop y croire avant de nous voir revenir, celles que nous avons rencontrées au cours du voyage, celles qui attendaient de nos nouvelles et lisent à présent ces pages, avec par ordre d'apparition dans l'histoire :
Trèves de blabla : en voiture les fiateux !!! Le trajet : Cliquer sur les numéros d'étapes pour accéder
au récit de cette étape. Sinon, vous pouvez aussi lire
aussi le récit en continu ci-dessous. Étant par nature
assez ahuris, nous avons choisi de restituer dans le présent
récit notre naïveté naturelle... Si ce qui vous interesse c'est le plus rasoir, vous pouvez directement aller à notre topo sur notre périple administratif...
À peine remis de 3 semaines de travail pour l'une, et de
36 heures de bus pour l'autre, Florine et Julien commencèrent à chercher
leur Maluch à Cracovie.
Ce jour là, c'était pas facile de se lever parce que nos amis polonais nous avaient pris pour des polonais et nous avaient fait boire et manger beaucoup. ça fait mal au ventre. Mais on a quand même réussi à remonter la pente. On a trouvé un taxi pour aller chez un copain polonais qui s'est bien occupé de nous.
Dès le matin, on est allé en tramway et en bus à la foire aux voitures près de l'aéroport, mais le chauffeur nous a dit qu'elle avait été supprimée. Alors, on est revenus en train et on a mangé avec nos amis au Bar Mlyczne de la rue Grodzka, parce que c'est bon et pas cher. Après, nos amis polonais nous ont aidés à appeler des garages parce que eux, ils parlent polonais même si c'est une langue pas facile. Les garagistes se sont bien foutus de notre gueule, ils nous ont dit en gros qu'ils n'avaient pas de mètres carrés à perdre dans leurs magasins avec des voitures aussi pourries et pas rentables. Les gens qui avaient passé des annonces pour vendre leur Maluch étaient très gentils, mais leurs voitures étaient un peu pourries quand même. Alors ce jour-là on a rien trouvé mais on a entendu parler pour la première fois de la Guilda Samochodova ( foire aux voitures) de la banlieue Est. C'est un endroit bizarre mais on a décidé d'y aller le lendemain.
Ce jour-là, on s'est levés très tôt parce que la guilda samochodova était très loin et qu'il fallait prendre beaucoup de bus. La guilda était grande, il y avait beaucoup de voitures mais pas beaucoup de Maluch. Nous voulions une Maluch jaune, mais celle de la dame était trop rouillée. Il y avait aussi des Maluch rouges, mais elles n'avaient pas l'air de pouvoir aller jusqu'à Bordeaux. Une était trop rouillée et l'autre faisait teufteufteuf et pooooo! Enfin, il y avait un gros monsieur moustachu avec une Maluch bleue et, même si elle était pas jaune, elle était pas trop rouillée.
Il nous a laissé tout regarder, et même faire un tour avec, et on a vu qu'elle qu'elle fumait même pas, et qu'elle avait pas trop de kilomètres, et qu'elle était pas très chère. Alors on a demandé au monsieur de l'acheter. Il a dit d'accord, à demain comme ça on pourrait aller voir le notariusz. Nous on trouvait ça bête mis ça prouvait qu'il était honnête. Alors on a pris rendez-vous avec sa voiture et lui le lendemain. Après, on a encore mangé à Grodszka pour fêter ça
puis on est rentrés se reposer et chercher des informations
sur tous les papiers qu'il fallait faire pour acheter la voiture.
On s'est encore levés tôt pour avoir le temps de préparer les papiers avant le rendez-vous avec le monsieur moustachu. Heureusement, le monsieur savait que le notariusz, c'était pas nécessaire. On a signé tous les papiers et on a pu garer la Maluch devant l'appartement de nos copains.
Comme elle est très belle, on avait peur de se la faire voler, alors on a mis toutes les sécurités bizarres que nous avait montrées le monsieur, et même l'alarme. Quand on est revenus, le cadenas de la boite de vitesse était coincé et on ne pouvait plus partir. Alors, on est allé voir un garagiste qui s'est bien foutu de notre gueule et qui n'a pas voulu réparer. Alors Julien a pris ses outils et il a cassé le cadenas. Après, on a mis tous nos sacs dans la Maluch, on a dit au revoir à nos amis et on est partis vers le sud pour voir nos amis slovaques. C'est Florine qui conduisait d'abord parce qu'elle a l'habitude des vieilles voitures avec sa Citroên Visa (même si elle l'avait cassée à l'époque).
Après 100 Km de routes en montagne dans la campagne polonaise, Florine dit que quand elle appuie sur l'accélérateur, ça n'accélère plus. Alors on pose la voiture à côté d'un poulailler, on ouvre le moteur qui fume un peu : pchiiiiii... Et on ne comprend pas pourquoi.
Heureusement, un bus scolaire a amené Julien chez le garagiste pas très loin. Les garagistes polonais, quand ils ont compris que le français leur expliquait qu’il avait une maluch cassée « mam maluch nie djawa ! » ont posé leurs outils et laissé la voiture qu'ils réparaient pour se précipiter dans leur fourgonnette car ils voulaient voir ça. Ils sont venus, ils ont regardé le moteur, et ils ont bien rigolé. Un garagiste a mis un bout de scotch et l'autre a dit que la maluch était belle -même si on le savait déjà- on pouvait repartir. On leur a donné une bouteille de vodka pour les remercier, et comme ils ont bien ri, c'est sûr qu'ils pourront raconter cette rencontre pendant 10 ans au café de leur village.
À Rabka, la logeuse ne croyait pas qu'on pouvait aller jusqu'en France avec la maluch mais elle était gentille et elle nous a dit de garer la voiture dans son jardin. On a bien dormi.
On s'est encore levés tôt pour arriver pas trop tard chez nos amis de Maluch à Zvolen. On a bien roulé jusqu'à la frontière slovaque. Là, au poste de frontière, Julien a essayé de passer la douane sur la file des poids lourds et des bus, et vu qu'on était pas assez lourds, la douanière slovaque s'est fâchée tout rouge et sifflait très fort. Mais ce n'était pas grave car on s'est beaucoup excusé, elle a juste regardé nos cartes d'identité et elle nous a laissés de partir. On a continué à rouler teuf teuf teuf en Slovaquie. On s'est arrêté plusieurs fois pour faire refroidir le moteur, une fois une vieille dame avec une vache nous a demandé si on était en panne et on lui a fait comprendre que tout allait très bien. Vers la fin du trajet après Banska Strivnica, il y a eu une route difficile avec une descente de 5 km à au moins 18% et de la pluie, ça faisait un peu peur. Heureusement, Florine a fermé les yeux et on est arrivé sous un orage de grêle à Zvolen. Les Matuska nous attendaient avec un parapluie, des chips, des pizzas et de la slivowica artisanale (de l'alcool de prune très fort mais très bon). Pour ce qui ne connaissent pas les Matuska voir ailleurs sur ce site et aussi le site des Matuska.
On a bien discuté avec eux et ils nous ont montrés leur 7 ou 8 Maluchs, et on leur a montré la nôtre, qu'ils ont trouvé belle et vraiment pas chère. Leurs Maluchs aussi étaient belles, elles étaient surtout beaucoup plus puissantes : des maluchs pour courses de cotes !!!
Puis on est allé au camping pour une nuit de repos bien méritée.
Le lendemain, on a visité Zvolen avec Martin, le fils Matuska. Il y a un chouette château, une exposition sur la mode slovaque avec même une robe de hippie tchéco-slovaque. Le guide du routard que nous avions disait que Zvolen ne mérite pas qu'on s'y arrête plus de quelques heures mais ce n'est pas vrai, il y a beaucoup de choses intéressantes ! Vous pouvez aller sur le site de Zvolen en cliquant ici... On a aussi mangé au restaurant quelque chose d'assez étrange mais très bon, le halusky, et on est sans doute les premiers non-slovaques du restaurant à oser manger ce plat. Les étrangers à Zvolen, y'en a pas beaucoup en dehors des meetings de Maluch des Matuska. Alors il faudra y aller en 2009 au prochain meeting et vous pourrez vous aussi goûter ce plat... Après, on a fait un peu de mécanique, changé un phare, le filtre à essence... Changer un filtre à essence quand il a fait 65 000 km c'est vraiment une bonne idée : ça a fait gagner 10 km/h à la Maluch... On a aussi installé un truc en plastique pour tenir le capot ouvert et mieux refroidir le moteur. C'est très pratique car ça évite de s'arrêter et d'inquiéter les gentilles paysannes avec leurs vaches.
On a fait du troc : les autocollants des Matuska contre des pièces de rechanges. Merci pour le sponsor ! L'autocollant ILCUBO de notre voyage a aussi été collé sur la porte des Matuska.
On est passé pour des slovaques pour le reste du voyage, enfin pour des polonais pour les plaques et les slovaques pour les stickers... Dakujem !!! La journée s'est terminée en buvant des bières, puis au camping parce que le lendemain on avait de la route à faire.
Après avoir dit au revoir aux Matuska on est partis pour le pays de la magyaritude (« maguiyaritude ») et on a roulé jusqu'à Gyor (dire ´ dieur »).
On a mangé un plat énorme chez un aubergiste moustachu qui comprenait pas le polonais mais que l'allemand un peu -dommage pour nous ! - et on est partis pour le lac balaton. Là-bas, il y avait plein de touristes allemands qui nous disaient « schönes wagen ». C'étaient des allemands de l'ex-Allemagne de l'Est qui venaient avant en Trabant et maintenant venaient en Audi et VW. C'est à partir de là qu'avec notre Maluch on a commencé à faire pouilleux. À part l'orage c'était sympa, mouillé mais sympa, on a fait les grenouilles au bord d'un lac bien vaseux.
La route en Hongrie était facile, le pays n'est pas grand et les routes sont maluch-friendly, limitées à 40 dans les villages. Il ne faisait pas très beau, un temps parfait pour ne pas trop cuire. Il y a des camions Tatras, des tracteurs qui font des opérations escargots, et au moins une petite vieille qui vous indique le chemin en allemand si vous êtes perdu devant une église. Même si l'allemand de Florine est très mauvais, et celui de Julien inexistant, c'était quand même très bien parce que les hongrois eux, ils ne comprennent absolument pas le polonais qu'on utilisait jusque là et surtout, quand ils parlent leur langue c'est vraiment du martien. Sur la route, on a acheté une peau de bête pour cacher nos affaires sur la banquette arrière et dormir dessus la nuit. La pelure de mouton a fini de nous apparenter à des personnages tout droit sortis d'un film de Kusturica et on était sûrs de pas se faire braquer...
On a passé la frontière slovène sans problème et on a failli entrer en Croatie alors qu'on avait pas le droit. Mais ça s'est bien terminé avec un demi-tour devant le poste de frontière. Ensuite, on est allé dormir à Ptuj, dans une pension sympa. Là, on a rencontré des italiennes qui ne disaient plus ´ schönes wagen » mais « Que bella machina ». Un Slovène nous a demandé pourquoi on n'avaient pas acheté une vraie voiture comme la sienne (une twingo) : parce que c'est moins drôle ?
On est repartis dans les montagnes slovènes, c'est très beau, on dirait le pays des vaches milka en plus brumeux. On s'est arrêté à Ljubljana, une ville habitée par un monstre affreux et où il pleut toujours au même endroit
On a également trouvé une boussole, qui nous manquait depuis le début, et on repartis jusqu'à Postojna. Ou plutôt, son camping tout en haut d'une montagne. On a bien dormi sous notre tente, entouré de campings-cars géants.
Le reste de la traversée de la Slovénie était facile, avec une super 2 voie maluch friendly où on était tout seuls.
Puis on a passé la frontière à Nova Goriza où les douaniers nous ont dit eux aussi « que bella la machina», et on étaient en Italie. Là, on a trouvé un bon café, un vrai après tout ce temps, avec une pâtisserie italienne... et direction Venizia. Les italiens ne roulent pas maluch-friendly et doublent comme des fous : la prise en compte des zebras, lignes continues et même des voitures qui arrivent en face est tout à fait accessoire pour conduire leur Alfa Romeo.
On s'est un peu perdus mais on a fini par arriver à Lido di Jesolo, d'où on peut prendre un bus pour prendre le bateau pour aller à Venise. Venise, c'est beau. On voulait mettre la maluch sur la place Saint Marc mais il parait que c'est interdit alors tant pis.
On a surtout joué à se perdre, ce n'est pas facile car avec une boussole et une carte on n'y arrive jamais. Mais ça permet de voir des petites rues sans un seul touriste, nous exceptés.
On est rentré au camping le soir après beaucoup de détours en bus et à pied. Lido di Jesolo, c'est grand, moche, pleins de pièges à touristes crétins et de plages payantes. Alors c'est dit, avec la Maluch on n'y retournera pas...
On est partis tôt le matin parce qu'on voulait traverser toute l'Italie. On a vu pas mal de Fiat 500, la piccolina petite soeur de la nôtre. En général, on se dit bonjour entres cousins. Sinon, on a pris les nationales où on a passé la journée à se faire doubler par des Alfa Romeo. À Mantoue, on s'est arrêté pour manger : c'est une très belle ville de la Renaissance italienne
Et puis direction le nord de Gênes pour camper. Là, on arrive dans des collines et on cherche le camping sur la carte. Une cycliste s'arrête, nous demande son chemin, on essaie de l'aider mais elle voit qu'on est perdus et c'est elle qui finit par nous aider. Le camping qu'on cherche n'existe pas/plus.. Sur ce son fils et son mari arrivent : ils disent qu'on ne trouvera rien pour dormir et ils nous invitent chez eux. On passe une soirée très sympa dans leur petite maison de vacances à manger des pasta en discutant franco-italien...
Quand on est reparti le lendemain, on leur a laissé une bouteille de krupnik et on a échangé nos adresses. Et teuf teuf teuf direction Monaco...
On a descendu la montagne en maluch (ça fait une jolie chanson "ils descendent la montagne en maluch, teuf teuf...") pour suivre la côte Ligure avec ses bouchons et ses plages à transats. Capot ouvert grâce au bitonio en plastic des Matuska, la maluch tient bon...
On a passé la frontière vers 18h, et à 19h on était à Monaco. On s'est mis sur le port devant un yatch avec hélicoptère embarqué et à côté d'une porsche -là, on faisait vraiment pouilleux mais c'est pas grave !- et on a attendu notre contact, Jean, un collectionneur de Fiat 500. Jean, que nous saluons au passage.
Il est venu nous chercher en scooter et nous a conduit dans son antre sur la montagne. Là, on a découvert son circuit privé, ses 500 et après une soirée sympa et un tour de Monaco by night en voiture qui fait vroum (donc pas la nôtre qui fait plutôt pout pout pout comme on l'a déjà écrit...), on a bien dormi.
La matin, on est allé à la plage faire les baleines échouées. Par chance, ici la plage est gratuite, on est pas obligés de louer un transat pour s'asseoir au sec, et avec un masque et un peu de respiration, on peut voir les poissons dans les rochers. Puis après autre repas très bon qui nous a fait découvrir, comme le diner, les délices de la gastronomie locale -merci Corinne!!!- on a repris la route direction Manosque.
Au début c'était pas vraiment maluch-friendly avec l'autoroute urbaine un peu pentue au nord de Nice -celle où il y a les bacs de graviers pour réceptionner les poids lourds en déroute. Puis, on a fait beaucoup de zig-zag jusqu'aux Gorges du Verdon : la Maluch n'avait pas connu ça dans son plat pays. Après avoir fait nos touristes on a cherché un endroit ou dormir et on a trouvé à un camping nudiste où on ne s'est pas installé. On est allé au suivant qui n'a pas voulu de nous puis encore au suivant qui a été sympa et nous a laissé piquer la tente au coin du parking. Pour finir la soirée loose on a fait de très bonnes pâtes et au lit.
Dernier gros jour de route ; on a quitté la Provence pour le Languedoc par les routes nationales. Les routes sont belles et droites, c'est pas comme les polonaises qui sont tordues avec des nids d'autruche au milieu, ou les hongroises qui ont des sillons au passage des roues et des plis de goudron au bord de la chaussée... Après, on s'est un peu perdu au nord de Montpellier mais on a fini par trouver un camping sympa avec des gens sympas : c'était une journée sans galère.
La Maluch et nous, on était prêts pour les derniers
km. On a commencé par se perdre dans les villages au nord-est
de Toulouse pour faire durer le plaisir, puis direction Agen, où on
a vu Hervé -oui oui, notre Hervé à nous tous,
Porco Rosso-. Lui aussi a eu une bouteille de vodka. Puis direction
Marmande chez les parents de Julien.
On a dîné et on a dormi dans un vrai lit...
On a passé le samedi à pas faire grand chose : on a enfin pu laver la voiture qui ressemblait de plus en plus à un tas de boue. La tranche des portières était noire de graisse et de crasse et on adû tout nettoyer au White Spirit. Enfin, le papa a réglé le ralenti et la Maluch avançait encore mieux. On est repartis le samedi soir direction Bordeaux. Enfin, on est arrivés et on a garé la Maluch devant l'échoppe. De mémoire de bordelais, jamais une Fiat 126 ELX n'avait roulé par ici.
Le samedi 1er septembre, la Maluch a vu l'Atlantique pour la 1ere fois. Bientôt, elle sera nationalisée et quittera ses plaques cracoviennes pour devenir girondine.
Fiat nous a envoyé le papier attestant que la maluch est homologuée depuis 1977. Ils ont donc décidé que c'est la même que les italiennes de l'époque, et ça coûte 117€ de l'apprendre. Enfin, nous attendons quelques pièces de Slovaquie pour la réparer un peu avant le contrôle technique... Il ne reste plus qu'à se mettre au polonais...
Administrativement, l'affaire n'était pas si difficile. Acheter une voiture d'occasion dans l'UE, c'est possible sans frais de douanes et avec un minimum de paperasses dans le cas de la 126.
Etape 1 . Bien se préparer :Assurance. Avant de partir, il faut trouver un assureur sympa et lui expliquer la situation. Il faut demander une assurance pour une voiture étrangère dont on ignore le numéro d'immatriculation. La solution, c'est de souscrire à partir de la date d'achat prévue du véhicule et de se faire remettre une carte verte vierge. On la complète soi-même avec le numéro l'immatriculation polonais une fois la voiture trouvée. Un contrat d'un mois suffit. Il faudra de toute façon en souscrire un autre une fois la voiture immatriculée en France. Facile à dire, plus difficile à obtenir. Mon assureur a été très sympa, il faut dire que mon arrière grand père assurait déjà sa traction avant chez lui. Contrat de Vente. Il faut se procurer le contrat-type français de vente de véhicule , accessible ici , ainsi qu'un contrat-type polonais accessible ici.
Etape 2 . Tout régler sur place.La procédure de cession de véhicule en Pologne est bipartite, vous pouvez tout régler avec le vendeur, il n'est pas nécessaire de passer devant l'administration. Une fois que vous avez votre Maluch, vous devez faire signer les deux contrats (français et polonais) au vendeur. S'il rechigne à signer le français, il y a une traduction en polonais ici, si vous ne voulez pas signer n'importe quoi en polonais, voilà la traduction en français. Vous devez vous assurer :
Dans tous les cas, trouvez un traducteur, il y en a à l'entrée des marchés aux véhicules d'occasion. Si tous ces points sont OK, vous pouvez partir avec les plaques et la carte grise de l'ancien propriétaire. Vous avez un mois pour rentrer, passé ce délais, vous devez avoir immatriculé votre véhicule. Nous on a eu aucun problème, les douaniers nous ont contrôlés à toutes les frontières et ils n'ont même pas cherché à comprendre notre opération. Ils ont à peine regardé nos cartes d'identités (françaises) et n'ont pas vu nos documents d'assurances,contrats de vente, etc. Nous ne sommes donc pas sûrs à 100% d'avoir été en règle. Tout était OK au regard de la loi (en théorie), mais nous n'avons pas rencontré ses représentants... Par mesure de prudence, je déconseille de sortir de l'Union Européenne, là on ne sait pas si les douanes sont aussi tolérantes.
Etape 3 : Une fois en France.C'est arrivé à la maison que c'est le plus compliqué. Pour immatriculer votre véhicule, vous devez encore faire les démarches suivantes : Certificat de réception du véhicule. En France, il faut commencer par demander à Fiat France un certificat de réception de véhicule par type, c'est une attestation établissant que le véhicule que vous avez acheté est bien reconnu en France, qu'il a été validé par les MINES. ça coûte 117 € et pour l'obtenir, il faut s'adresser à : Service homologation Fiat France Nous ils nous l'ont fourni sans problème, notre ELX est toutefois une voiture classique, très similaire aux Personnal des années 70 Si vous achetez une 126 Combi ou une Cabrio, ce n'est pas dit que les choses soient si simples. Contrôle technique. Pendant que Fiat traite votre dossier, vous pouvez aller passer le contrôle technique, ça c'est pas compliqué. Quitus fiscal. Rendez vous à la recette des impôts dont vous dépendez et demandez leur un quitus fiscal. Ce document certifie que vous avez payé la TVA en Pologne et que vous ne devez rien à l'État français. Si votre voiture est bien une occasion ( plus de 6000 Km au compteur) vous n'avez rien à payer, merci l'Europe. Les impôts peuvent demander un certificat de contrôle technique qui établisse le kilométrage. Mais bon, une voiture de plus de 10 ans, en principe ils comprennent qu'elle a un certain nombre de kilomètres. La préfecture Rendez vous à la préfecture muni :
Avec tout ça ils devraient pouvoir vous immatriculer ! Nous n'en sommes pas encore là de notre côté, la procédure traîne car on doit changer quelques pièces pour avoir le contrôle technique, et elles ne sont pas encore arrivées. C'est votre assureur qui sera content de vous voir revenir avec une situation beaucoup plus simple... L'administration Polonaise. L'administration polonaise demande que lui soient renvoyées les plaques et la carte grise. Je vous conseille de faire une petite lettre en anglais à l'administration dont l'adresse figure sur la carte grise de l'ancien propriétaire pour expliquer votre situation. S'ils vous répondent, envoyez ce qu'ils demandent, sinon, tant pis...
Si vous avez des remarques, des questions etc etc... Je pense que le mieux est de les formuler sur le sujet adéquate du forum ilcubo quitte à ce qu'on vous contacte en MP par la suite. Sinon dans la vraie vie, nous habitons Bordeaux ! Nous espérons que vous avez passé un agréable moment en notre compagnie... Allez, à plouche les fiateux ! |
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